Nous étions le 18 Août, Harry avait atteint la majorité sorcière. Il avait élu domicile à Grimault place, l'ex demeure de son parain. L'ordre y était toujours installé, et de ce fait était en contact presque constant avec Harry.
Harry était assit sur un fauteuil de cuir noir et buvait une tasse de thé, arborant un air songeur.
La rentrée aurait bientôt lieu, et les événements ne laissait rien présager de bon, cette nouvelle année, Harry l'appréhendais encore plus que la sixième, étant donné ce qu'il s'était passé, les choses ne pourraient qu'être pire, et une grande insécurité le submergea.
Ses pensées dévièrent alors, sur Draco Malfoy, tant de questions le tracassaient à son propos, pourquoi n'avait-il pu tuer son directeur, et qu'était-il advenue de lui après cet échec ? Il pensa ensuite à Snape, et un goût amère s'empara de sa bouche. Snape était espion pour l'ordre, mais il avait tué Dumbledore. Il avait pourtant joué un rôle prépondérant dans beaucoup de batailles, avait pris des risques extrêmement importants pour informer l'ordre des prévisions du Lord noir. Toutefois, Harry, n'arrivait pas à pardonné son geste. Il lui avait enlevé celui qui le guidait.
La vérité, était que depuis ce jour en sixième année où Dumbledore avait trouvé la mort, Harry était devenu un être tourmenté, indécis, agressif, et extrêmement taciturne. Il était souvent plongé dans ses pensées comme à cet instant, souvent dans le trouble à essayer de démêler les questions qui le taraudaient, et lorsque l'on s'adressait à lui dans ces moments là, Harry ne daignait souvent même pas répondre.
Hermione était entrée dans la pièce. Elle ne se demandait même plus si Harry allait bien, elle connaissait la réponse. Bien sûr que non, Harry n'allait pas bien, un poids bien trop important pesait sur lui, il avait l'avenir de tout un monde entre ses mains, et même si depuis quelques temps il affichait une mine stoïque, Hermione savait son ami très nerveux à cette idée.
Elle alla s'asseoir silencieusement dans un fauteuil contigu, le couvant d'un regard réconfortant, ce qui eu pour effet de sortir Harry de ses pensée, et il planta ses orbes émeraudes dans celle de son amie avec un air fataliste. Hermione s'en sentie déconcertée, elle aurait aimé voir son ami lui sourire, mais le fait était que Harry ne souriait plus depuis longtemps.
« Quoi de prévu aujourd'hui ? » Demanda Hermione à Harry en rompant un silence pesant.
« Remus attend Snape, apparemment il aurait de nouvelles informations sur les Malfoy, je crois, » Harry haussa un sourcil à cette idée, « sinon, rien de spéciale. Nous irons demain nous procurer nos effets pour cette année, je n'en ai pas le courage aujourd'hui. » Répondit-il distraitement, fixant les flammes de la cheminée.
« Oui, Ron m'a dit que tu avais remis ça à demain. Pourtant prendre un peu l'air nous aurait fait du bien, mais bon... » Il y eux un long silence avant que Harry ne reprenne.
« Cette nuit je me suis absenté, tu l'as peut-être remarqué ? » Demanda-t-il sérieusement.
« Moi non, mais Remus m'a dit que tu étais sortis cette nuit, et que tu avais refusé de lui dire où tu étais allé. »
« Oui, Et bien le fait est que j'ai surpris une conversation entre Snape et McGonagall, hier dans la matinée, Snape y faisait mention de Lestrange, Bellatrix Lestrange. Il disait que c'était trop tôt pour me révélé l'endroit où elle demeurait lorsqu'elle n'était pas accrochée au basques de l'autre pourriture... Vois tu si on à cru bon de ne pas me dire à moi, où elle était, » Harry entendait Snape par « on » et avait un regard plein de dédain, « il l'a tout de même dit à McGonagall, et j'ai su où elle se trouvait. » Harry affichait une sorte de satisfaction dans les yeux, un sourire sadique pendait à ses lèvres, et Hermione frissonna à la vu de son ami, devenu si... Différent.
« Et alors, qu'as-tu fais ? » Demanda-t-elle hésitante, pas tout à fait sûre de vouloir savoir finalement.
« Je suis allé lui rendre une petite visite, que crois tu ? » Harry semblait si sûr de lui dans ces moments là. « Je l'ai trouvée endormie dans un lit piteux, et le reste de la maison n'était guerre mieux d'ailleurs, Voldemort à une drôle de façon de traiter ses adeptes... Bref, quoi qu'il en soit, Lestrange dormait paisiblement quand je suis arrivé, pauvre fille, si elle savait, elle n'aurait certainement pas eu cet air si incrédule... » Hermione déglutie, le ton de son ami étant de plus en plus froid. « Je ne savais pas vraiment quoi faire, j'étais indécis, quand à la manière de la réveiller en fait... J'hésitais entre la réveiller avec un bon crochet du droit, ou autre chose... Puis j'ai opté pour un doloris.» Dit Harry, qui semblait se demander pourquoi il avait fait cela.
« Tu as fais quoi ?! » Demanda Hermione, ne comprenant plus les réactions de son ami.
« Oui, je n'aurais peut-être pas dut, en fait. Laisse moi finir je t'expliquerai ce à quoi je veux en venir. »
« Je t'écoute. »
« Je lui ai donc lancé un doloris, et j'ai bien cru qu'elle allait me claquer entre les doigts d'une crise cardiaque, cette peste. Bref, quand elle m'a vu en fait, prise au piège, et devant son pire ennemie je crois que c'est surtout cela qui l'a fait flancher, plus que le doloris lui-même, »
Il fixait un point dans le vide, et son regard s'était teinté de cette lueur malveillante que ses amis commençait à ne connaitre que trop bien.
Si Harry était apprécié, et respecté, pour une certaine droiture qu'il s'imposait, alors que bon nombre auraient câblés à sa place, il n'en demeurait pas moins effrayant par moments... Harry inspirait la peur pour beaucoup de gens, et seul ceux qui le connaissaient parfaitement bien, savaient que son comportement était justifié, et qu'il s'apaiserait lorsque tout ceci serait fini.
« Je l'ai maintenue encore et encore," reprit-il," jusqu'à ce qu'elle ai les yeux complètement révulsé, puis je l'ai arrêté, elle était complètement pantelante. J'ai commencé à lui poser des questions, mais je savais bien que je n'obtiendrai rien de cette vermine, elle était bien trop dévouée. En tous cas, je puis t'assurer qu'elle à connu toute l'étendu de ma détermination, et après quelques minutes elle m'a susurré quelque chose. » Harry avait l'air absent, il continuait de fixer le point que seul lui connaissait dans le vide. Il semblait perdu, dégoûté de lui, et de ce qu'il avait fait.
« Qu'a-t-elle dit ? » Demanda Hermione en fronçant les sourcils devant l'hésitation de son ami à continuer. Ce dernier lui lança un regard amer, plein de dépits et d'inquiétude, Hermione déglutit et continua de fixer son ami cependant qu'il reprenait.
« Hermione, j'ai peur... » Murmura Harry, sa voix tremblait fortement, comme s'il retenait un sanglot.
« Harry, qu'est ce qu'il se passe ? » Demanda Hermione, qui se rapprocha de son ami décontenancé, elle se mit à genou devant lui et posa sa main sur une de ses jambes, l'autre tenant toujours sa tasse de thé. Harry lui lança un regard brillant.
« Elle m'a dit... Que si elle avait su que je ressemblais autant à son seigneur, elle m'aurait surement traité avec plus d'égare, et elle ricanait, Hermione si tu avais entendu son rire, il était fou ! Ensuite elle m'a transpercé de son regard, et elle m'a dit à quel point cela avait été jouissif de tuer Sirius, et... » Harry avait les yeux remplis de haine, et des larmes coulais le long de ses joues. Hermione le regarda complètement impuissante se décomposer devant elle.
« Et quoi, Harry, qu'est ce que tu as fais ?! » Il la regarda, hésitant toujours un peu plus à continuer, il tremblait à présent, et sa respiration était saccadée.
« Je lui ai dit que c'était faux, que je ne ressemblais en rien à Voldemort, et pourtant... Je savais que je me mentais à moi-même, ça m'a complètement déstabilisé, plus le fait qu'elle ne cessait de répété à quel point elle était heureuse d'avoir tué mon parain, je n'ai pu tenir, Hermione, je n'en pouvais plus, je voulais qu'elle s'arrête, qu'elle arrête de parler, qu'elle se taise une bonne fois pour toute ! » Harry hurlait, il ne se contenait plus, et Hermione se sentait totalement désemparée de voir son ami dans cet état, elle serra sa prise sur la jambe de Harry quand il prononça une dernière phrase. « Je l'ai tué, Hermione, je l'ai tué ! »
Il regarda Hermione, les yeux plein de dégoût, de dégoût pour lui-même, il se maudissait de n'arriver à se contrôler dans ces moment là, Dumbledore l'aurai fait lui, il n'était pas faible, et Harry se sentait faible, sa haine prenait le dessus sur lui et le faisait commettre des choses horrible. Lestrange ne méritais aucune pitié, mais il n'aurait pas du la tué, et il le savait, il savait que dans ces excès de rage, il ressemblait à son ennemie comme deux goutes d'eau, cela l'effrayais.
« Harry je... » Hermione était désemparée, elle ne savait plus quoi dire, quoi penser, des questions se bousculait dans sa tête, elle n'arrivait plus à comprendre les réactions du Gryffondor, et elle avait peur de cela, elle détestait ne pas comprendre, et surtout lorsqu'il s'agissait de ses proches.
« Hermione... Tu le penses aussi n'est ce pas ? Tu penses toi aussi que je ressemble à Voldemort ? C'est vrai regarde moi, regarde ce que je suis devenue ! Complètement incapable de me maîtriser, je suis devenue aussi faible que lui et... » A ces mots, Hermione eut un pincement au c½ur, elle réalisa net, que Harry était en train de se remettre en question comme jamais, et elle sut, à cet instant, que jamais, non jamais Harry ne serait comme Voldemort, jamais il ne pourrait devenir ce genre de personne.
« Harry... Harry, regardes moi... »
Il avait la tête plongée dans ses mains et marmonnait des choses inaudibles. Il lui fit face non sans mal, appréhendant fortement la réponse de son ami.
« Harry, ce que tu as fais était mal, je ne te dirais pas le contraire, » elle se rapprocha encore plus de lui et le regarda intensément, « mais je suis convaincue d'une chose... Jamais tu ne seras comme Voldemort, tu es quelqu'un de bien, ce que tu ressens est tout à fait normale, n'importe qui aurait fait la même chose, Harry, tu n'es pas comme lui ! Tu es perdu, et la haine que tu éprouve est plus que justifié, je reconnaitrais volontiers, si ça peut te rassurer, que j'aurais probablement fait la même chose si Lestrange m'avait fait ce qu'elle t'a fait, n'ai pas peur Harry, tu es humain... Et les humains ne sont pas parfaits... Crois moi, je te fais plus que jamais confiance, tu es mon ami, et je sais que tu feras les bon choix, je te connais, je sais qui tu es, et tu n'es pas comme lui... »
Elle avait gardés ses yeux rivés sur ceux de Harry et elle ne l'avait pas lâché un seul instant du regard, toujours plus intensément, elle voulait qu'il croit en elle, et Harry s'était un peu calmé. Elle le prit dans ses bras, et le serra fortement contre elle, il répondit à l'étreinte et lui souffla un « merci » désespéré, mais rassurant. Il allait mieux, Hermione avait trouvé les mots qu'il avait besoin d'entendre, et il sut qu'il avait eu raison de se confier à elle en premier.
« Harry, une dernière chose. »
« Quoi ? »
« Qu'as-tu fais d'elle ensuite ? » Demanda-t-elle.
« Je l'ai enterré après, et j'ai jeté un sort de désillusion puissant à cet endroit. Crois moi, personne ne la trouvera, et les traces de l'affront je m'en suis occupé aussi, pas d'inquiétude à avoir pour la couverture de Snape, c'est bien à cela que tu faisais allusion, n'est ce pas ? » Hermione acquiesça rassuré.
« Bien, allons prendre l'air un instant, tu veux ? Tu n'es pas sorti de la journée, et les autres doivent commencer à s'inquiéter de te voir sans arrêt broyer du noir... »Dit Hermione en se levant et tendit une main à son ami.
« Oui, si tu veux... Hermione ? »
« Oui ? »
« Tu peux me lancer un sort de glamour s'il te plait, je ressemble à une grenouille maintenant... »
«Oui bien sûr, »amusée, Hermione lança un sort à Harry et celui-ci retrouva la mine que l'on peut espérer arborer après une nuit de quinze heure... Elle le regarda, « voilà vous êtes magnifique maintenant, allons-y ! »
« Oui allons-y , » Hermione était heureuse, car Harry avait enfin sourit...